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Posté(e) (modifié)

On pourrait s'imaginer des choses champêtres à la lecture du titre, mais on va voir que les embruns salés et l'aluminium en forme vont tenir le premier rôle.

La première rencontre s'est présentée sous cette forme anodine : Pen Duick III et Pen Duick VI sont en escale à Cherbourg, ouverts à la visite du public. Je m'y présente, candide et heureux de revoir ces machines de près, surtout le III que je n'ai pas approché depuis 25 ans déjà.
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Rien à faire. Celui-ci a un sacré magnétisme. Rien à battre du grand PenDuick VI à côté, c'est lui que je veux voir...
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Plus près, encore plus près...
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Depuis 46 ans que ce bateau navigue sur toutes les mers, il a connu beaucoup de modifications plus ou moins réversibles sur son accastillage, son gréement, son aménagement, et c'est un vrai jeu de piste que d'examiner le pont pour chercher les cicatrices sur l'aluminium. Aujourd'hui il est sous une forme très proche de ce qu'il était dans sa prime époque, avec gréement de fausse goélette et plan de pont assez fidèle aux origines.
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Autorisation de monter à bord. Je ne me fais pas prier.
A nos pieds, le fameux "wishbone" similaire à celui d'une planche à voile, utilisé pour envoyer la grande misaine par petit temps.
La colonne de moulin à café que je connaissais a lui par contre disparu
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Vers l'avant, plus d'enrouleurs mais le retour des voiles endraillées sur mousquetons. Retour des performances, abandon d'accessoires de confort pour la navigation en solo.
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Il est temps d'aller à l'intérieur.
Depuis le cockpit, on accède à la petite cabine arrière avec couchage pour 2 personnes et un peu de hauteur sous pont.
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Juste après la cloison, sur tribord, la table à cartes avec son fameux système de cardan
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En symétrie sur babord, la cuisine
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Encore un peu plus vers l'avant, le poste d'équipage avec les bannettes brancard ajustables à la gîte. Au centre le moteur de propulsion auxiliaire qui fait également générateur électrique lors des grandes traversées à la voile.
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Et on arrive presque à l'avant : poste d'aisance et soute à voiles.
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Le courant passe bien avec l'équipage, et le rendez-vous est pris pour faire le convoyage Cherbourg - Saint Malo dimanche soir, pendant la nuit. L'attente va être longue...
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Suite au prochain épisode

Modifié par commandatore
Posté(e)

Super !!! Tu dois être comme un fou !!!

Posté(e)

Tu as eu de la chance de pouvoir monter à bord et d'être invité pour le convoyage!

Posté(e) (modifié)

La chance, il faut l'aider un petit peu, parfois ;) Je me suis botté les fesses, et l'esprit de partage entre voileux a fait le reste encore une fois.

Le week-end se tire lentement. Je ne peux pas m'empêcher d'aller tourner autour de ma grande maquette tout en préparant mon paquetage de mer. Mélange d'excitation et de stress pas facile à décrire. Cette maquette, c'est la vraie, d'époque, qui a servi à faire les essais en bassins de traction pour peaufiner les formes de la carène en 1966. Elle est plus âgée que le bateau de quelques mois. C'est un de mes petits trésors que je vous montre là.
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Dimanche soir, on y est.
J'arrive sur le quai avec de l'avance, une boule au creux du ventre pour tout ce que ce bateau représente pour moi.
Il est là, sans plus personne autour, en attendant qu'on le harnache pour la sortie musclée qui se prépare.
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Le ciel est gris, des grosses bourrasques balayent la rade et le port, la mer est forte dehors. Ca va beaucoup chahuter, mais pour le moment tout est calme.
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Assis à la barre, ça craque dans la tête pendant quelques minutes. Je préfère que ça soit maintenant que pendant la sortie en mer.
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A l'intérieur, personne encore à part les 2 Pen Duick boys qui naviguent toute la belle saison à bord. On commence à regarder la route à prendre avec les derniers relevés météo.
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Dans le poste, les cirés sont sortis et le bateau est préparé pour prendre la mer. Les machins contondants et lourds sont rangés, les glacières et l'avitaillement rapidement accessibles, les sacs à voiles bientôt sur le pont. Je pose mon sac dans un petit coin. Ca y est ! C'est pour de vrai !
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Mise en place des voiles, configuration baston. Ca sera trinquette et yankee lourd à l'avant, un ris dans la misaine (voile milieu) et un ris dans la grand voile (voile arrière). Il n'y pas 6 tonnes de plomb dans la quille pour rien, et c'est un engin capable de torcher la toile comme il n'y en a plus beaucoup. On va quand même prendre 25 à 30 kts de vent dans le pif au passage du Raz Blanchard, au près serré, et le coup de vent de la veille a fait lever la mer assez méchamment, avec 3 à 4 mètres de houle. Un pépin dans ce coin là peut vite devenir critique donc on se prépare au mieux : vérification du gréement, double vérification du gréage des voiles (d'autant plus que sur les 6 personnes à bord nous sommes 4 à naviguer sur le Pen Duick pour la première fois), mémorisation des drisses, écoutes et autres spécificités du plan de pont lorsqu'il faudra manoeuvrer en pleine nuit pendant les cabrioles sur les vagues.
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20h30. Nous devons quitter Cherbourg vers 21h pour bénéficier des courants de marée dans le bon sens. Ca laisse le temps de casser la croûte avant que la cuisine ne se transforme en montagnes russes. On ne coupera pas au menu Tabarly : des pâtes à la sauce tomate. Comme dans les livres..... ! Sauf que cette fois, c'est moi le cuistot :blush:
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A suivre...

Modifié par Sylkill
Posté(e)

C'est le genre de truc qui me plaît bien, mais je n'ai pas le pied marin... :puk:

Posté(e)

Si ça peut te rassurer, même moi j'ai donné à manger aux poissons pendant la nuit. Ca arrive à tout le monde, d'autant plus qu'on n'a pas navigué depuis longtemps..

Posté(e)

Une fois tout le monde rassasié, il est temps de larguer les amarres et de mettre cap au large.
Sous trinquette, misaine et grand-voile à 1 ris, nous sortons de la rade au près serré. 25kts de vent à l'anémomètre, mais pour le moment pas de houle car nous sommes derrière la grande jetée.
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Le speedo grimpe de suite à 7kts, et le clapot défile vite le long du liston.
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A la barre, le captain évalue les conditions météo. Ca confirme les choix du départ - on ne touche à rien et on attaque la remontée jusqu'à Goury sous cette config de voiles. Pour le yankee lourd, on verra en arrivant vers Sercq en fonction des conditions de mer.
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En quelques bords la grande rade est derrière nous. Le ciel se découvre, promettant une belle nuit claire avec une superbe pleine lune. Les milles défilent au compteur entre les virements de bord
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La mer de forme de plus en plus, le bateau tape parfois assez fort, mais la vitesse ne faiblit pas.
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Entre chaque manoeuvre, un petit briefing pour trouver les bons réglages de voiles d'un bord sur l'autre. L'équipage est rôdé à la navigation par météo mouvementée et nous prenons tous confiance les uns dans les autres. Notre vice commun reprend le dessus avec la devise 'toujours plus vite', et le convoyage annoncé tranquille se transforme petit à petit en régate chronométrée pour voir si on ne peut pas faire marcher le bateau un petit mieux, un peu plus vite.
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Pendant ce temps là, notre monture bouffe des milles à toute vitesse sans se faire prier, virement après virement.
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Le soleil ne va pas tarder à tirer sa révérence.
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Dernier check-up sur le pont avant la nuit et le passage du Raz, avec une mer très très formée et une belle partie de saute-mouton qui se prépare.
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C'est parti ! A fond dans la noirceur ! Les embruns volent, et une première partie de l'équipage est partie dormir, en nous laissant prendre le premier quart. L'appareil photo restera dans le fond de la poche pour la nuit malgré la lumière de la pleine lune qui nous a évité une navigation à l'aveuglette.
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Nous parons le cap de la Hague aux alentours de minuit, après un dernier bord tribord amures. Le vent virant légèrement nord-ouest, le cap est moins serré et nous taillons la route au bon plein avec l'envoi du yankee qui nous donne 2 noeuds de plus au speedo. Ca glisse à plus de 10kts de moyenne. A un moment je récupère la barre, et puis quelques minutes plus tard je me rends compte qu'il n'y a plus personne sur le pont : je suis seul, à la barre d'un bolide lancé pleine balle dans la nuit et qui tire doucement sur sa barre comme un cheval qui demande à ce qu'on allonge les rênes pour galoper plus librement, tout le monde est parti se reposer à l'intérieur. J'ai le Pen Duick III pour moi tout seul l'espace d'une petite heure ! Merci les copains pour ce cadeau inoubliable !

Prochain épisode quand le soleil fera son retour...

Posté(e)

Merci pour le récit de ce qui va sûrement être l'un de tes plus beaux souvenirs de marin!

Posté(e)

OMG!

L'un des plus beaux "reportages" photos sur ARO (en ce qui me concerne en tous cas)

Tes images sont superbes, mais rien qu'à les voir j'en ai mal au cœur...

Par contre le texte est extrêmement plaisant à lire!

Sylkill, encore une personne que j'aimerai vraiment rencontrer :closedeyes:

Posté(e)

Oui, comme tu dis. Une nuit à graver dans les tablettes.

Ca va se faire kbass, un jour ;)

Posté(e)

Magnifique ! Tu as l'air d'avoir une histoire très forte avec ce bateau : ça se sent dans ton (très beau) reportage ! ^_^

Sacrée chance et beau privilège, merci de nous en faire profiter :bravo:

Posté(e)

Fantastiques ces posts sur l autre forum !!

Wahou !

Crie pas trop fort. Pense aux voisins qui vont se poser des questions... :laugh:

Posté(e)

Sylkill,

j'ai cliqué sur le lien que tu as fourni, unique et fabuleux !

merci de partager :-)

Posté(e) (modifié)

Y'a pas de quoi les amis :blush:


N'hésitez pas si des questions vous trottent dans la tête. Je peux essayer d'y répondre, en image ou en texte si je n'ai pas la photo qui va bien pour apporter le détail manquant.

Le soleil se lève après cette superbe nuit étoilée. C'est toujours une libération de voir apparaitre cette grosse boule rouge et chaude sur l'horizon. Le stress et la légère angoisse qui accompagnent toujours une navigation de nuit s'estompent pendant qu'on se réchauffe le regard avec les premiers rayons.
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Au petit matin le vent est un peu tombé et notre changement de cap nous amène vent de travers, limite sur la hanche tribord. La situation devient plus confortable, et les ris dans la GV et la misaine sont largués pour regagner en vitesse.
Séquence simple : on choque l'écoute pour diminuer les tensions dans la voile, puis on lâche un peu de drisse pour que la voile descende de quelques centimètres, ce qui permet de larguer le croc au point d'amure correspondant au premier ris (en partie basse). On lâche ensuite la bosse de ris, le cordage qui retient de la même manière la partie arrière de la voile au bout de la bôme, et il ne reste plus qu'à hisser le tout jusqu'en haut du mât.

Illustration en images avec la misaine.
Ici c'est le moment où on se bat pour libérer le croc au niveau du vit-de-mulet, la voile légèrement redescendue pour donner un peu de mou.
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Là on arrive presque au bout du hissage de la voile complète.
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Ca y est, c'est fini. La drisse est bien étarquée, le guindant de la voile est bien tendu, on va pouvoir à nouveau border pour accélérer.
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Pendant ce temps là, mon appareil a changé de mains l'espace de quelques minutes...
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Ce qui est pris est pris !!! On se partage la barre à intervalles réguliers, histoire que tout le monde en profite, mais c'est quand même dur de laisser sa place...:(
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Après une petite analyse de la nav de nuit, on se rend compte qu'on a gazé très fort ! On a même une chance d'arriver à St Malo vers 8h30 pour passer l'écluse et entrer dans le bassin avec le dernier sas. Si on loupe le créneau horaire et la marée, il faudrait attendre 18h.... Décision est prise : on lance le spi asymétrique pour accélérer autant que possible !
15 minutes plus tard, le grand spi est en l'air et nous tracte à plus de 12 kts.
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La manoeuvre a donné chaud, et on peut commencer à s'éplucher un peu des cirés qu'on avait sur le dos pour la nuit.
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Trinquette et yankee sont affalés et rabantés pendant que le grand spi nous tire. Avec la houle de l'arrière le bateau part en glisse à plus de 13 kts par moments. Il ne manquerait pas grand chose pour que ça surfe réellement.
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Dans le cockpit on s'applique sur les réglages. L'ambiance course est bien là. Sur cette photo ça saute soudainement aux yeux !
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Modifié par Sylkill
Posté(e)

Comme d'hab, les photos sont superbes et il y a du suspens. On piaffe d'impatience pour dévorer la suite.

Stéphane

Posté(e)

On approche de Saint Malo très vite, et le passage à l'écluse avant 9h devient chose possible.
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Avant de se retrouver dans les chenaux d'accès, le spi retourne dans son sac et on continue avec trinquette et yankee, moins rapide mais beaucoup plus manoeuvrant en cas de besoin
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Il y a encore pas mal de toile en l'air, mine de rien
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Hop ! on a besoin de moi à l'arrière. Fini la glandouille à mirer les voiles.
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Les premières marques sont là.
Il faut préparer le bateau à l'arrivée : sortie des amarres et des défenses, affalage des voiles, etc...
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Ca l'a fait ! A 10 minutes près ! Nous sortons du sas, direction le quai dans le premier bassin à flot
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On va se poser derrière les bateaux gris de la ménagerie
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Dans 10 minutes c'est bouclé.
On aura eu la satisfaction de griller le chrono du Pen Duick VI, partie l'avant-veille : 4 heures de moins que lui, pourtant plus grand, plus puissant et théoriquement plus rapide. :P
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A bientôt pour de prochaines aventures marines, en espérant avoir un sujet qui vous intéressera tout autant que celui ci

Posté(e) (modifié)

magnifique!

et merci d'avoir partagé çà avec nous

Modifié par kbass
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